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« Un réel moment de spiritualité… » Délégué régional aux Affaires islamiques pour la région Marrakech-Tensift-Haouz, Jaâfar Kansoussi nous fait partager son point de vue sur les façons et l’importance de vivre pleinement sa culture et sa religion en ce mois sacré de Ramadan…
« Il faut partir du constat que l’ambiance de fête qui s’installe progressivement dans toute la ville et le pays est un bouleversement dans la vie individuelle et collective durant le Mois Sacré. L’augmentation de la pratique religieuse pendant ce mois particulier est tangible, les mosquées voient les fidèles affluer. C’est un réel moment de spiritualité, de questionnement sur ses propres racines, d’interrogations dans le cadre du jeûne et de la tradition religieuse au sens large, qui nous renvoie à un vécu ascétique, hiératique ; qui nous met face à nous mais aussi en interaction avec d’autres religions au quotidien qui ne pratiquent pas le jeûne, et tout cela se passe en général, en bonne entente… Et il est vrai aussi que ce mois de pratique religieuse intense peut-être vécu de différentes manières, selon les sensibilités et spécificités culturelles de chacun. Il faut prendre conscience de la part et de la place indiscutables du culturel dans le religieux, de leur relation intime et ce, pour toutes les religions. On pourrait parfois être tenté, par une lecture spécifique, d’éliminer le fait culturel au profit de la doctrine. Cela n’est pas vraiment « tenable » parce que religion et culture sont inséparables, et si on élimine l’élément culturel, le politique risque de prendre sa place. Ainsi, dans le cadre du Ramadan au Maroc, il y a, entre autres, des pratiques culinaires précises, des traditions orales – chants, psalmodies, poésies sacrées… – et musicales qui font partie intégrante de la pratique religieuse et qui marquent sa spécificité culturelle, arabo-andalouse. Par exemple, il est de tradition pendant cette période, de choisir sa mosquée en fonction de la qualité de son « muqri » (récitant, psalmodiant du Coran). Et cette recherche du « Beau » dans la vie du croyant est aussi une voie d’accès à une spiritualité supérieure, c’est une recherche en profondeur d’intériorité qui, in fine, ouvre sur des sentiments de grande magnanimité et de miséricorde. Apprécier la qualité d’un chant permet aussi de mieux appréhender un beau texte de littérature soufie, mais aussi de se rendre à la place Jemaâ el Fna pour écouter les différents intervenants, pour s’engager sur la voie de l’ouverture et de la connaissance. Ainsi, cette année, sachez qu’une soixantaine de très bons « muqris », des jeunes hommes formés selon les règles artistiques de la tradition arabo-andalouse, sont invités dans différentes mosquées de Marrakech dont bien sûr la Koutoubia. » Mais de nombreuses autres rencontres et soirées culturelles (chant soufi, poésie…) sont aussi organisées à Marrakech, avec, entre autres, les soutiens du Ministère des Habous, de la Direction régionale de la Culture, de la Municipalité de Marrakech.
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